PHILOSOPHIE & RELIGION

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Crat+¿re du volcan Rano Kau

UN RÊVE :
avant les dieux, l'esprit soufflait sur les eaux,
le rêve prenait forme dans la matière.

Tout est déjà là ! Avant l'apparition de l'homme l'esprit et la matière existaient forcément déjà dans l'absolu. Au début des projections et déductions de l'esprit spécifiquement humain, nul ne saurait vraiment dire si la notion d'un ailleurs existait ou si la magie ancestrale prévalait sur la méditation non encore qualifiée de philosophique. 

Il est cependant vraisemblable que les peuples primitifs aimaient déjà bien la sagesse, gage de paix et confort. La vie quotidienne était sans doute confondue avec les rêves et les cauchemars, alors que la réalité vécue apparaissait inexorable.  Ce qui donnait aussi du grain à moudre aux plus malins. 

Chacun vivait ou survivait comme il pouvait, soit en suivant les traditions des anciens, soit en frayant lui-même (ou avec un groupe) un autre chemin de vie. L'aventure, paradoxalement la légende personnelle, apparaissait dès lors, comme l'alternative la plus sûre pour s'y retrouver. 

Puis, comme par enchantement les dieux sont apparus, suscités par les plus éveillés des membres de la tribu. Mais la sagesse des anciens restait plus attachée à des valeurs mesurées et réfléchies.

Par ce fait, la philosophie aujourd'hui classique est née avec Lao Tseu en Chine, Pythagore et les présocratiques en Europe et Siddharta Gautama aux Indes. 

Pourtant, la voie du Tao et l'enseignement de Bouddha, apparemment trop subtils, se sont bientôt confondus avec les autres religions. Seules les écoles pythagoriciennes, les académies de Platon et autres organisations d'enseignement supérieur restèrent plus critiques. 

Toutefois, de toutes mémoires et sur toute la planète, les observations astronomiques rythmaient depuis longtemps la vie matérielle autant que spirituelle. Il apparaissait déjà clairement à l'intelligence naturelle qu'une entité supérieure aux créatures de ce monde, ordonnais le déroulement de la vie. 

Sinon comment toutes les formidables forces cosmiques pressenties parviendraient elles à se synchroniser aussi finement pour donner naissance aux merveilles de la création ? 

Certes un Dieu caché semblait ordonner le système. Toutefois, un autre Dieu franchement plus évident favorisait la vie de tous : le Soleil.

                                                                                                                     

Bouddha n+®palaisl

UN BESOIN :
pendant les dieux,
un humain peut-être considéré comme un demi dieu par ses semblables.

Les dieux suscités, on ne sait pas vraiment à quelle époque les premiers prophètes (anonymes) ont commencé à enseigner leur idées, mais il semble bien que, l'idée du Dieu unique et solaire ait germé en Égypte, il y a environ 33 siècles avec Akhenaton et Moïse, puis Zoroastre en Perse. Non pas nécessairement pour exercer un pouvoir égoïste, mais aussi pour rassurer et mettre un peu d'ordre dans les multiples superstitions (chamanisme, sorcellerie ...) et mythes fondateurs, comme l’Épopée de Gilgamesh, l'histoire d'Abraham et du peuple hébreu, les mythologies grecques et celtiques, les hyperboréens, les dieux orientaux, asiatiques et chinois ... qui hantent les esprits des femmes et des hommes à peine sortis du dédale de la prise de conscience.

Il faut bien reconnaître que l'humanité, à l'aube du troisième millénaire après la mort de celui qui s'est proclamé fils unique du seul Dieu révélé et re-suscité sous le soleil  - juifs, chrétiens et musulmans - on en vient à se poser de sérieuses questions sur l'existence même d'intelligences supérieures à celle de l'être humain. 

Bien sûr c'est une vision un peu timorée, induite par et en réponse au dogmatisme exacerbé des religions qui mettent le monde à feu et à sang. Leur rôle social se révèle alors plus douteux. Reste encore le Bouddhisme devenu religion certes mais à l'inverse cette démarche mystique demeure essentiellement pacifiste. 

Il existe encore de ces dieux abstraits, issus de déformations psychiques, qui n'ont pas de justification existentielle proprement dite mais qui manipulent insidieusement les foules des croyants. Les meilleurs des sages, voulant en avoir le cœur net, se questionnèrent alors sur la justesse des religions. Ainsi est créé le terme théosophie - Ammonios Saccas au 2e siècle AD - fait référence à une doctrine soutenant que toutes les religions sont des projections et tentatives de l'Homme de connaître « le Divin », et que, par voie de conséquence, chaque religion possède une partie de la Vérité.

Ga+»a et Ouranos

UN ACCOMPLISSEMENT :
après les dieux, chacun se retrouve
comme un astre dans le vaste univers créé.

Les grandes religions établies, un besoin de liberté de penser en tant qu'individu responsable, accompagné par une éducation variée et de bonne qualité, s'affirme de plus en plus clairement au cours du XXIe siècle AD. Les divers enseignements historiques, tant sur les plans religieux que philosophiques et même scientifiques, donnent à penser que l'humanité franchit une étape décisive. La démocratie induite par la réflexion sur la meilleure façon d'organiser la société des hommes, débouche sur une individualité accrue et revendiquée par un nombre croissant de personnes. Chacun rêve en secret de créer son propre monde où il serait le dieu unique et omnipotent ... Reste encore à savoir si cela n'existe pas déjà, au delà des apparences. On peut facilement imaginer que pour chaque type d'être vivant existe un dieu particulier, voire aussi pour le règne minéral, végétal et animal ... Jusqu'à aboutir au dénominateur commun de toute cette incroyable diversité : la lumière (la matière en fusion dans l'esprit), donc le soleil et toutes les autres étoiles dans le ciel. Cette attitude spirituelle vieille comme le monde reste d'actualité. Les croyances anciennes sont tout de même fondées sur une logique tout à fait respectable. Elles nous inculquent ce respect indéfectible pour les mystères de la vie. Les savoirs répertoriés aujourd'hui par la science prétendent être la voie unique de raisonnement dans un univers dédié à la personne humaine. C'est le dogme scientiste qu'il faut contourner, car il induit comme une hallucination collective sur une configuration empirique d'un Univers totalisé, alors que nous en savons si peu. Par exemple notre condition humaine nous contraint de penser selon les informations captées par nos sens. « Je pense donc je suis. » Mais les instruments qui nous permettent de scruter l'infini (petit ou grand) ne sont que des prothèses forcément limitées. Et si l'humain dépasse sa condition, il cesse précisément d'être humain.

+®ternel pr+®sent